La montée du militantisme islamique dans certaines parties du Sahel et dans la Corne de l’Afrique présente des menaces croissantes pour la stabilité régionale. L’attrait de ce mouvement provient de sa capacité à
puiser dans les communautés marginalisées, notamment la jeunesse, pour les convaincre qu’il est possible de répondre à leurs doléances en établissant une culture islamiste plus pure.
En dépit de leurs avancées, les militants islamiques d’Afrique ne sont généralement pas dotés d’une grande puissance militaire et ils ne cherchent pas nécessairement à gouverner à l’échelle de l’État. Ils ont en effet plutôt tendance à demeurer un phénomène local qui porte son attention sur les préoccupations locales.
En Afrique, les organisations militantes islamiques ne bénéficient généralement que du soutien de petites minorités au sein des communautés musulmanes. Toutefois, des interventions irréfléchies, notamment celles impliquant des forces occidentales, peuvent renforcer le discours des militants, accroître ainsi leur crédibilité et les amener à recruter davantage de membres.
Dans le récent Bulletin de la sécurité Africaine intitulé « Le militantisme islamique en Afrique », Terje Østebø, professeur au Centre d’études Africaines et au département de religion à l’Université de Floride, s’efforce à combler un certain manque de connaissances en examinant les origines et les facteurs qui forment le militantisme islamique actuel en Afrique.