En plus des prix élevés des denrées de première nécessité, les Dakarois paient cher leur loyer, se privant de la qualité de vie que beaucoup disent ignorer alors qu’ils sont censés appartenir à la classe intermédiaire. Payant en moyenne leur loyer à 175 000 francs les cadres qui ont un salaire entre 300 000 francs et 500 000 jurent qu’ils vivent la galère au Sénégal.
« J’attends beaucoup de la prochaine Commission que le Président Macky Sall a demande de mettre sur pied. Je ne sais pas comment font les autres, mais je n’en peux plus de payer cher le loyer, de subvenir à mes besoins, ceux de ma famille, de mes parents, frères et soeurs. Ce n’est pas possible. Je suis un cadre, je suis censé gagné ma vie, mais dans les faits je galère », dit Alassane Barro, un commercial habitant Front de Terre.
« Le coût du loyer est si élevé au Sénégal qu’un jeune cadre qui perçoit un salaire net de 300 000 francs ne peut prétendre au mariage, fonder une famille et payer le loyer à 150 000 francs CFA », déplore Aloïs Ndiaye, un jeune cadre.
« Je touche un peu plus de 300 000 francs CFA, mais je vis encore chez mes parents. Ils me comprennent et savent que si je ne suis pas encore marié c’est parce que je sais que je ne pourrai pas fonder une famille solide avec un loyer de 150 000 francs CFA ou plus.
D’un autre côté, je ne peux pas épouser une femme et l’amener chez mes parents. Il y a une question de place, mais il y a aussi une question de responsabilité sociale. Je quitterai mon père et ma mère pour fonder une famille, dit la Bible. Je ne peux pas le faire et c’est le problème de nombreux jeunes cadres catholiques et chrétiens. C’est pourquoi on se marie tard et que nos sœurs épousent de plus en plus de musulmans », dit Aloïs Ndiaye
« Même avec un revenu de 500 000 francs des deux conjoints, on n’arrive pas à s’en sortir », dit Simone Sarr. « Nous payons un loyer de 175 000 francs CFA par mois au Sacré-Coeur. Nous avons un salon et deux chambres. nous avons deux enfants qui sont tous deux à l’école privée. L’aîné est au second cycle au Cemad (Mamelles Aviation Ouakam) et la deuxième au primaire dans la mêle école. Avec le bus qui les transporte matin et soir, l’école nous revient à 80 000 francs CFA par mois.
« Si on n’y ajoute la facture du téléphone fixe avec Internet, c’est 31 000 par mois, la salaire de la bonne (domestique) que nous pays 45 000 par mois, l’électricité qui nous coûte entre 49 000 et 59 000 francs tous les deux mois, nous nous retrouvons avec des charges de 380 000 francs CFA, sans notre transport, nos cartes de crédit de téléphone, les repas, le soutien à nos parents », dit Simone Sarr.
Selon elle, sa famille « vivote » malgré un salaire décent. « Nous vivons pour payer nos factures. Le loyer nous enlève toute qualité de vie. Qualité de vie, c’est un terme qu’on ne connaît pas chez moi », regrette Simone.
Mamadou Diagne, père de cinq enfants dit qu’il ne sait « plus où donner de la tête ». « Je paie un loyer de 250 000 francs à Scat Urbam. J’ai un salon et trois pièces petites comme des pots de sardines. J’allume les lampes dans la journée, tellement la maison est mal sombre. Il faut allumer en permanence. Ma facture d’électricité varie entre 88 000 et 100 000 francs CFA. La Sénélec facture comme elle l’entend. Entre ma femme et moi, c’est des disputes à longueur de journée ».
La réflexion est lancée et les Dakarois attendent de Macky Sall qu’il « fasse entendre raison aux propriétaire peu scrupuleux qui fixent des coûts de loyer comme ils le veulent ».
NB/ASI24