Selon le professeur Tidjani le « phénomène naturel et dynamique influencé par des facteurs naturels, comme le vent et les courants marins, et anthropiques, comme l’extraction de sable, le déboisement et l’occupation du territoire, l’érosion côtière est un enjeu de plus en plus important pour les pays côtiers ».
« Le Sénégal, avec plus de 700 kilomètres de littoral, est particulièrement concerné », dit-il soulignant que plus de la moitié de la population vit sur les côtes, où sont installés 85 % des industries et services, notamment les deux premières ressources du pays, la pêche et le tourisme.
« Aujourd’hui au Sénégal, chaque année, des infrastructures comme les sites hôteliers, les habitations privées se trouvent en situation d’urgence. Devant cette menace, on a assisté à des interventions locales « personnalisées » qui ont parfois plus aggravé la situation et par moment, ont même détruit les écosystèmes essentiels à l’équilibre côtier. Ainsi, en agissant localement, sans considérer le problème dans sa globalité, l’impact de l’érosion côtière ne fait que s’amplifier », avertit le Pr Tidjani.
Dans le cadre de la prise en charge des actions concrètes de protection côtière, le Ministère de l’Ecologie et de la Protection de la Nature (MEPN) a initié, à travers le Projet d’Intégration de l’Adaptation au Changement Climatique pour un Développement Durable au Sénégal (INTAC), une opération d’urgence de protection sur la station touristique et balnéaire de Saly, ainsi que sur la corniche ouest de Dakar.
« Ces opérations ont été, au-delà des réalisations de terrain, un moment privilégié de rencontres et d’échanges entre divers acteurs sur les différentes options qui existent, mais aussi et surtout, l’occasion de se faire une idée de ce que doit être une intervention efficace sur le terrain », constate-t-il.
Le Pr estime que ces opérations pilotes « démontrent de l’urgence et de la pertinence d’initier des ouvrages de protection qui sont de moindre coût par rapport à l’inaction ».
Ce travail mérite d’être poursuivi, autant pour le bien être des populations côtières que pour la sécurisation des investissements dans les secteurs touristique et industriel qui sont les plus menacés, selon lui.
INTAC, en tant que projet de démonstrations et de renforcement de capacités, a réussi à bien documenter ces approches innovantes.
« Durant ses 24 mois d’existence, le projet a pu capitaliser une expérience qui permet de tirer les premiers enseignements mais aussi et surtout de se projeter vers l’avenir en matière de lutte contre les changements climatiques. Aujourd’hui, il convient de noter toute l’urgence pour l’Etat de consolider les acquis à mi-parcours mais aussi et surtout de concrétiser sur des projets possibles clairement déclinés par l’Unité de Coordination.
Les enjeux de ce travail d’appropriation se résument aux problèmes de financement, de formation, de sensibilisation et de portage institutionnel dans le souci de mieux consolider les acquis obtenus à mi-parcours. », a conclus le Pr