Malgré la lueur d’espoir de voir enfin la reprise pointer le bout de son nez dans les mois à venir, les Européens ont encore du pain sur la planche pour assurer une certaine stabilité en zone euro.
Avant le sommet de mi-décembre, les ministres des Finances de la zone euro se retrouvent lundi après-midi à Bruxelles pour une réunion prévue de longue date et seront rejoints mardi par leurs homologues européens ne faisant pas partie de l’Union monétaire.
Grèce
Au programme : faire le point sur la complexe opération de rachat de la dette grecque prévue dans l’accord scelllé le 27 novembre au terme duquel les dirigeants ont convenu d’alléger la dette grecque de 40 milliards d’euros.
Il faut désormais qu’Athènes de racheter une partie de sa dette à des investisseurs privés sur une base volontaire et ensuite de l’effacer. Le succès de cette opération est la condition posée par le FMI, un des créanciers publics de la Grèce, avant de soumettre le versement d’une nouvelle tranche d’aide à son conseil d’administration.
« Nous avons toujours su » que le FMI agirait ainsi et « nous respectons cette procédure », a assuré vendredi Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques, en marge d’un déplacement à New York. Du côté européen, il a reconnu que cette opération, qui sera lancée lundi, était « une part importante du plan général » d’aide à la Grèce, mais n’a pas voulu dévoiler l’objectif de volume retenu.
« Si nous ratons notre objectif de peu, ça ne me fera ni chaud ni froid mais si ce n’est pas le cas, il faudra de nouveau nous réunir et faire face à une situation difficile », a confié un responsable européen sous couvert d’anonymat.
Se voulant confiant, il table sur une large participation du système financier grec à cette opération, même si les principales banques du pays se montrent inquiètes après avoir déjà subi d’importantes pertes lors de l’effacement en mars de plus de 50% de la dette grecque qu’elles détenaient.
Les premiers résultats de l’opération sont attendus le 13 décembre, date du prochain sommet européen.
Superviseur bancaire
En préparation de cette réunion, les ministres des 27 tenteront d’avancer mardi sur la mise en place d’un superviseur unique en zone euro confiée à la Banque centrale européenne (BCE) et sur le nouveau cadre réglementaire du secteur bancaire dont l’entrée en vigueur à partir de janvier 2013 semble compromise, au vu du retard pris par les travaux.
Sur le superviseur bancaire, les 27 doivent trouver un compromis qui prenne en compte les desiderata des pays non-membres de la zone euro qui veulent participer au mécanisme et avoir leur mot à dire. Ils doivent également s’entendre sur la question de la supervision des petites banques qui pourrait se faire au niveau local, sous certaines conditions. L’idée est ensuite de soumettre ce compromis lors du sommet et que les dirigeants l’approuvent.
BCE
Les yeux se tourneront jeudi vers Francfort, avec la réunion de la BCE. L’institut monétaire devrait laisser sont principal taux d’intérêt directeur inchangé, malgré une situation économique en zone euro qui peine à redécoller.
« Certains membres (de son conseil des gouverneurs, ndlr) pourraient être en faveur d’une dernière baisse. Mais la majorité considère la position de la banque déjà suffisamment accommodante », a estimé Nikolaus Keis d’UniCredit. Avec un taux à 0,75%, son niveau historique le plus faible auquel il a été porté en juillet, et un nouveau programme de rachat de dette publique annoncé en septembre, la BCE estime avoir fait son devoir.
Comme tous les trois mois, elle devrait annoncer ses nouvelles prévisions de croissance pour 2012 et 2013 pour la zone euro, et de premières projections pour 2014. Les chiffres pour 2013 risquent de pointer vers « une stagnation ou une légère contraction » du PIB, a estimé M. Keis, alors qu’en septembre la BCE attendait encoOURCE,5%.
Source AFP