C’est un gros coup de pouce au redressement de Corsair que vient de donner le gouvernement sénégalais, en lui accordant l’autorisation de desservir Dakar en vol régulier à compter du 26 octobre prochain.
La compagnie du groupe TUI, engagée depuis deux ans dans un plan de restructuration de la dernière chance, a été choisie parmi cinq candidats (Aigle Azur, Air Méditerranée, XL Airways et Europe Airpost) pour concurrencer Air France sur la ligne Paris-Dakar, où cette dernière prospère grâce à un quasi-monopole depuis dix ans.
« Cela faisait longtemps que nous attendions des droits de trafic sur Dakar », se félicite le PDG de Corsair, Pascal de Izaguirre. Outre le fait que les prix pratiqués y sont très rentables -les tarifs d’Air France démarrent à plus de 800 euros contre 499 euros annoncés comme prix d’appel pour Corsair.
"Cette nouvelle destination tombe à pic pour occuper ses B747, après les coupes franches opérées dans le programme. Face à l’envolée du prix du pétrole, ajouté à des surcapacités sur les Antilles, Corsair avait dû réduire la voilure au printemps, après avoir vu ses pertes se creuser. La compagnie avait même repoussé à 2014 son objectif de retour à l’équilibre, initialement prévu pour l’exercice 2012-2013.
Diviser les pertes par deux en 2012-2013
Quatre mois après, l’hémorragie semble stoppée. « Malgré un début d’année difficile et un surcoût pétrolier de 31 millions, nous devrions atteindre nos objectifs budgétaires à la clôture de l’exercice 2011-2012, fin septembre », assure Pascal de Izaguirre.
Corsair, qui ne communique pas ses chiffres, devrait terminer l’exercice avec une perte comparable à celle de 2011 (23,6 millions). « Notre objectif est de diviser ses pertes par deux sur l’exercice 2012-2013, pour revenir à l’équilibre l’année suivante », rappelle Pascal de Izaguirre.
L’arrivée de deux A330-200, en remplacement de Boeing 747, en décembre et février, devrait alléger la facture pétrolière, tout en résorbant la surcapacité sur les Antilles. L’accord commercial avec Air Caraïbes sera également poursuivi. « Il fonctionne bien », assure le patron de Corsair.
Enfin, la dépendance vis-à-vis des voyagistes en général et de TUI en particulier devrait se réduire au profit de la clientèle individuelle. « En 2014, TUI ne représentera plus que 15 % du chiffre d’affaires, contre 19 % en 2012 » , souligne Pascal de Izaguirre. En contrepartie de ces efforts, la maison-mère TUI versera courant 2013 le solde de la recapitalisation promise, soit 80 millions sur un total de 300 millions.
Par Bruno TREDIVIC