La presse sénégalaise convoque le drame du bateau le Joola survenu le 26 septembre 2002 en disant que cet accident est la deuxième tragédie en nombre de victimes après le naufrage du bateau qui a provoqué la mort de plus de 1500 personnes (la plus grande tragédie maritime au monde).
Au titre de réactions, le président de la République a appelé à "un respect strict" des règles de la circulation. Macky Sall a, en outre, rappelé chacun à ses responsabilités.
"L’idée d’une réflexion globale" pour une éventuelle interdiction éventuelle interdiction des voyages nocturnes pour les véhicules de transport en commun sur certains axes routiers a été émise mardi par le ministre de l’Interieur, Mbaye Ndiaye.
Le secrétaire général du Syndicat des travailleurs des transports routiers du Sénégal (STTRS), Gora Khouma, a exprimé, mercredi, son désaccord sur cette idée, informe l’Agence de presse sénégalaise.
Selon lui, c’est une "mauvaise initiative de fixer une heure de circulation pour les voitures de transport en commun. Personne n’a à imposer une heure de circulation". Commentaire fait par M. Khouma lors d’une conférence de presse de l’Union sénégalaise des transporteurs routiers (USTR).
Le mot lâché : tous les transporteurs doivent être traités à égalité.
Le code de la route doit être révisé et le "ministère du travail doit prendre en compte la situation des transporteurs", ajoute-t-il, poursuivant : ’Le ministre de l’Intérieur (Mbaye Ndiaye) a parlé, il a le doit de le faire. Mais est-ce que les conditions de travail des transporteurs sont respectées ?’’.
‘’Je ne dirais pas que les chauffeurs ne sont pas responsables. Y en a qui le sont et, maintenant, c’est à leur niveau qu’il faudra sévir. Ce que je ne veux pas, c’est la généralisation qu’on en fait, et dire que tous les conducteurs sont indisciplinés’’.
M. Khouma indique qu’il est d’accord pour des sanctions à l’encontre des auteurs d’infraction. " [...] je ne cautionne pas qu’un chauffeur prenne de la drogue et ose conduire une voiture à bord de laquelle il y a des personnes’’, a-t-il déclaré.
Il a appelé les transporteurs à prendre leurs responsabilités et à respecter le code de la route. Mais il faudrait qu’en amont l’Etat fasse respecter les dispositions de la Convention collective des transporteurs routières.
Interpellé sur "l’obtention irrationnelle" des permis de conduire qui pourrait être à l’origine des accidents de la circulation, Gora Khouma a affirmé qu’il ne partageait pas ce point de vue, indiquant que tout candidat est soumis à un passage rigoureux avant d’avoir son permis.
‘’ Je ne suis pas d’accord puisqu’au moment de faire les examens de passage, le candidat, quand il vient, il est respectueux et se plie aux volontés de ceux qui lui font passer le permis de conduire. Mais, c’est après le passage qu’il change et fait ce qu’il veut sur la route’’, a-t-il expliqué.
‘’Sinon, je n’ai jamais assisté à une remise de permis faite sur la base de consensus. Le code de la route est un petit livre, mais il doit être respecté et il faut mettre dans de bonnes conditions de travail les conducteurs.’’
Le secrétaire général du STTRS a également invité l’Etat du Sénégal à ‘’formaliser le secteur, car il est très informel’’.
La responsabilité à laquelle invite le Président Macky Sall semble être la "la prise de conscience et l’exercice de l’introspection nécessaires" que "les Sénégalais ne veulent ou ne sont pas prêts de faire", constate un journaliste.
"Tout le monde est responsable, des autorités aux chauffeurs en passant par les syndicats. Les routes nationales sont trop étroites, elles ne sont pas construites pour le trafic de de l’avenir et encore moins le commerce d’aujourd’hui et de demain. Ce ne sont pas des corridors, ces routes ne sont pas ambitieuses, c’est pour cela qu’elles étroites, sans séparation de voies. Ce sont les routes de la mort.
"Les autorités le savent, beaucoup de chauffeurs s’en f...., les syndicats insistent à petites voix et les passagers paient au prix de leurs vies. Voilà la triste réalité. Si l’on faisait le bilan sur ces dernières années, on serait surpris du nombres de victimes. Cela dépasserait tout entendement", dit le journaliste, "désabusé et convaincu que le Sénégal est arrivé au moment de vérité".
"Cela va faire mal, mais la vérité est que nous nous complaisons dans nos habitudes d’anarchistes".
Vingt-trois personnes ont trouvé la mort dans la nuit du lundi au mardi au cours de cet accident de la circulation cité comme le plus meurtrier.
GM/ASI24 avec APS